Participant productions: réalités horribles et bonnes nouvelles
Alors que l'industrie agroalimentaire est de plus en plus montrée du doigt pour ne reculer devant aucune saloperie pour conquérir le marché des pays en développement (l’action de Nestlé en Afrique mériterait un dossier à elle toute seule), de nombreux documentaire font en ce moment beaucoup de bruit sur ce questions et donnent des raisons d'espérer en mettent en lumière les pratiques et impacts de l'agriculture d’aujourd’hui sur la faim dans le monde.
Ces films contribuent à faire passer l'idée pas très drôle à entendre que nos aliments " bon marché " font des ravages écologiques, économiques et humains dans les pays où ils sont produits et que ce problème ne trouvera d'issue qu'à travers des bouleversements radicaux des habitudes des consommateurs.
"We feed the World" contient par exemple un entretien qui vaut son pesant de cacahouètes OGM avec Peter Brabeck, PDG de Nestlé qui s’était déjà distingué par quelques citations d’un angélisme consternant du style : « Le développement durable est facile à définir : si votre arrière-grand-père, votre grand-père et vos enfants continuent à être des consommateurs fidèles de Nestlé, nous avons travaillé d’une façon durable. Et cela est le cas pour plus de 5 milliards d’êtres humains dans le monde ! » (À l’open forum de Davos en 2003)
Ce film et d'autres comme "Supersize me", "Fast Food Nation" et celui consacré récemment à la firme Monsanto ont permis d'ouvrir les portes des gros média encore bien frileux pour parler de ces problématiques de l’alimentation. Derrière ce mouvement qui constitue une véritable innovation dans le cinéma hollywoodien se trouve très souvent la signature d'une boite de production pas comme les autres: Participant Productions (http://www.participantproductions.com/), une boite de production lancée par les fondateurs du site Ebay, dans laquelle on trouve George Clooney et Al Gore et qui à permis que des films militants très différents comme « Une vérité qui dérange », « Good Night and Good Luck », « Lords of War », « Syriana » autant de films à succès qui traitent de vrais sujets tels que le traffic d'armes, la censure ou les bouleversements climatiques.
Une telle profusion de films "consernés" ne s'était plus vue en amérique depuis le renouveau hollywoodien des années 70 et son lot de films sur le Vietnam, le corruption, les travers de la société américaine et les affaires internationales.
Sur le net, on trouve depuis quelques temps déjà de petits films créatifs et des brulot dans l’esprit de « We feed the World » qui rencontrent un grand succès en traitant ces sujets qu’il n’est pas toujours facile de regarder en face pour notre confort de vie et pour notre conscience.
La FOA vous en a sélectionné 3 selon votre degré de sensibilité. Mais comme on est toujours en avance sur tout en France, ces films sont en anglais :
1. 1) Pour ceux qui aiment en rire et qui en pincent pour Star Wars voir : http://www.storewars.org/flash/index.html Sur la raréfaction des variétés de légumes et les ravages des pesticides.
2. 2) Pour ceux qui veulent voir la réalité en face mais qui n’aiment pas les images violentes sans pour autant détester la trilogie The Matrix voir le film d’animation bien foutu The Meatrix :http://www.themeatrix1.com/
3. 3) Enfin pour les amateurs de gore, il y a ; http://www.petatv.com/tvpopup/video.asp?video=mym2002&Player=wm&speed=_med
La dernière est à regarder plutôt loin des repas. Nous ne voulons pas être responsables d’un épandage intempestif de spaghetti sur le lino. L'acteur Alec Balwin y commente une séquence vidéo sur les conditions de traitement des volailles des bovins et des porcs dans l'industrie. On y voit des choses que tout le monde sais et qui feraient baver d'envie docteur Mengele*. C'est un film américain pro vegan (végétariens hardcores), on n’est pas obligé d’adhérer à l’intégralité du procédé et du message mais sans aller jusqu'a arrêter de bouffer de la viande y’a de quoi réfléchir avant d’acheter des viandes sans labels fermiers, bios, rouges ou autre.
Un dernier élément qui peut donner à penser : Dans le monde, les 2 tiers des terres arables servent pour le bétail et la production d’une protéine de viande nécessite 7 fois plus d’énergie qu’une protéine végétale. Pour satisfaire la demande en viande on a donc recours aux méthodes intensives qui sont illustrées par ces films.
La bonne nouvelle dans tout cela, c'est qu'un nouveau cinéma est en train d'émerger qui prend à bras le corps ces problèmes globaux que nos générations et les suivantes vont devoir se coletiner qu'elles le veuillent ou non et que cette prise de conscience est le préalable indispensable à toute action d'envergure.
Le fait qu'il émergent grâce à internet ou à ceux qui l'on fait (les fondateurs d'Ebay notamment) n'est sans doute pas le fait du hasard. La génération concernée est la même: celle qui sait comme le scandait Gil Scott Heron que "The revolution will not be televised"
Comme dirait Bayrou "quelque chose s'est levé qui n'est pas prêt de s'arrêter" et c'est tant mieux ainsi, parce qu'il va falloir être très inventif et énergiques pour trouver les solutions adéquates.
* NB: Dr Mengele est un médecin nazi qui faisait des expérimentations sur les juifs dans les camps de concentration de Pologne pour en étudier les applications industrielles possibles (abat-jours, savon etc.). Son personnage apparait notamment sans être nommé dans le film « Amen » de Constantin Costa Gavras (encore un bon film à voir d'ailleurs)