Perspectives de l'après pétrole 1
Depuis 2 ans et la flambée entretenue par la crise irakienne, l’après pétrole est enfin un sujet ouvert. Février 2006 : Thierry Desmarets, le PDG de Total, confirme les chiffres donnés un peu plus tôt par le Département américain de l’énergie ; après consolidation de toutes les données mondiales disponibles, sur le nombre d’années de consommation qu’il nous reste avant d’avoir épuisé les réserves de pétrole connues à 40 ans, et celles de gaz à 65 ans… au niveau de consommation actuel. Le PDG de Total a affirmé que l’augmentation de la demande prise en compte par l’Agence internationale de l’énergie de 2% par an se traduirait rapidement par une situation difficile. A 2% annuel d’augmentation de la demande, le monde pourrait voir épuiser toutes ses ressources pétrolières et gazières aux alentours des années 2050/2055.
Il s'agit bien là d’épuisement total des réserves de pétrole et de gaz, et pas de Peak oil, qui est l’année à partir de laquelle les volumes de production commenceraient à décliner et qu’il confirme pour 2020. L’annonce du Peak provoquera vraisemblablement une crise économique et spéculative d’envergure, une flambée de prix et des modifications significatives des politiques des grand pays consommateurs pour sécuriser cette ressource devenue rare et chère.
Selon Thierry Desmarets, il est indispensable limiter cette croissance de la demande à 1%, pas plus. Pour cela il suggère de "réserver le pétrole aux activités dans lesquelles il n’est pas remplaçable pour l’instant, le transport et la pétrochimie". Autrement dit le pétrole est vraiment indispensable pour faire voler des avions, rouler des voitures et faire du plastique.
Ce perspectives se basent sur les réserves accessibles actuellement et estimées par les pétroliers et les états producteurs. Coté pétrolier, la Shell a été condamnée aux Etats-Unis pour avoir surestimé de 23% ses réserves. Coté états producteurs c’est encore plus opaque. L’Arabie Saoudite, premier producteur mondial déclare les mêmes réserves depuis plus de 20 ans tout en « sortant » 10 millions de barils par jour. Le pic de Hubert – le petit nom français du Peak Oil – pourrait donc venir plus vite que prévu. De l’autre coté il existe encore d’énormes réserves sous forme de schistes bitumineux par exemple mais leur extraction coûtera à coup sûr beaucoup plus cher que celui de la mer du nord ou du Nigeria. En gros, nous vivrons tous encore avec du pétrole mais il deviendra sans doute hors de prix dans les 30 ans qui viennent. Une chose est sûre, les conséquences de cette tension sur le pétrole redessineront demain plus encore qu’hier la physionomie générale du monde, suivies par les tensions autour d’autres matières premières en voie de raréfaction comme le Gaz, le cuivre, l’uranium etc.
Pour vous faire une idée plus précise, la FOA vous recommande cette édition de Riposte de mai 2006 consacrée à cette problématique avec notamment Yves Cochet auteur d’un essai très bien documenté appelé « Pétrole Apocalypse ». Mais derrière ce titre alarmiste des enjeux plus complexes se dessinent avec des portes de sortie possibles… :
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Et pour resituer le contexte, voici un édition de l'excellente émission d'Arte "Le Dessous des Cartes" qui se penche sur les pespectives énergitiques jusqu'à 2030:
Sources: Le blog finance et mémoire personnelle
Voir aussi: le canada saccage son environnement pour le pétrole