Ce qu'on oublie de dire au sujet de la dette

Publié le par Facts Only Agency

C’est Nicolas Sarkozy qui l’a dit (donc c’est vrai). Un nouveau-né français lambda a une dette de 20.000 euros qui pèse lourdement sur ses épaules dès sa naissance. « Mais ce calcul ne tient aucun compte des actifs détenus par l’Etat » a rappelé l’Expansion dans un article limpide d’Hugo Lattard dont voici la substantifique moelle.

La question de la dette de la France semble faire consensus. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le sujet est présenté comme anxiogène :

Le déficit chronique de la France est ininterrompu depuis 1981, le dernier budget qui ait été en équilibre. A première vue, il y a de quoi flipper un chouia puisqu’à force de tirer sur la corde la dette au sens de Maastricht (passif de l’Etat, des collectivités locales et des régimes de sécurité sociale) a atteint 64,2% du PIB en 2007. Soit 1.209.497 milliards d’euros.

D’après ces critères, depuis 2001, la dette de la France a progressé de plus de 7 points. Quand nombre de ses partenaires européens ont au contraire réduit leur endettement sur la période. Nous restons donc sur un période de laxisme budgétaire qui est à porter au crédit des gouvernements de droite qui se sont succéder et dont aucun n’a manqué de reprocher à la « gestion de gauche » son laxisme budgétaire endémique.

"La dette ? Il n'y a qu'à la solder." Marie Antoinette Lagarde.

Cependant, « en termes de niveau de la dette, la France affiche une position plus favorable », relève Mathieu Plane, économiste à l’OFCE. Selon les chiffres Eurostat, la dette moyenne de la zone euro est en effet de 66,2% du PIB en 2007. Celle de l’Allemagne de 65%. La Belgique affiche une dette de 84,9%, la Grèce, 94,5%, l’Italie, 104%. Et c’est encore loin de la dette du Japon, qui atteignait 159% en 2006. « Il n’y a donc pas de singularité française sur ce point », commente Mathieu Plane.

Mais la dette au sens de Maastricht ne prend pas tout en compte car l’état à un passif (la dette) mais aussi des actifs qu’il détient et qui rapportent. Les caisses sont donc apparemment vides mais les marges de manœuvre, pour fragiles qu’elles soient dans un contexte de crise sont bien là.

L’Etat possédait des actifs financiers, 742 milliards d’euros en 2006 (derniers chiffres connus). De l’or, des dépôts ou encore des parts dans des entreprises publiques cotées. Car l’Etat français est un énorme actionnaire. Selon l’Agence des participations d’Etat, leur valorisation dépassait 162 milliards d’euros au 24 avril. Dont 100 milliards rien que pour EDF le plus gros producteur mondial d’électricité.

Aussi, la dette financière nette de la France n’était en réalité que de 38,2% du PIB en 2006. Soit un niveau proche de 1995, alors que la dette au sens de Maastricht, elle, a augmenté. Mais entre temps, la valeur du portefeuille boursier de l’Etat a profité de l’euphorie boursière. Et c’est peut être pour cette raison plus qu’à cause du niveau brut de la dette que l’Elysée et Matignon « broient du noir », selon l’expression du Canard Enchaîné, au sujet de la crise financière qui menace de s’étendre à l’Europe

« On peut à bon droit s’interroger sur la priorité donnée à la réduction de la dette », estime Mathieu Plane. « Car compte tenu des actifs financiers, elle n’est pas si grande que ça. Tout au moins, la France n’est pas du tout le mauvais élève de l’Europe en la matière. Alors qu’elle l’est clairement en matière de chômage », observe l’économiste.

Plus encore, l’Etat détient des actifs physiques ou immobiliers. Des terrains, des bâtiments, des infrastructures, dont la valeur est tenue à jour par l’Insee tant bien que mal. « Si on comptabilise l’ensemble de ces actifs, les administrations publiques ne présentent plus une dette mais une richesse nette », calcule Mathieu Plane. Elle représentait 37,8% du PIB en 2006. Cette richesse a d’ailleurs augmenté de plus de 22 points de PIB entre 1995 et 2006. Les administrations publiques se sont enrichies dés lors que, boom de l’immobilier aidant, la valeur des terrains détenus par l’Etat a explosé : de plus de 200% en 10 ans.

Autrement dit, « le bébé français ne récupère pas à la naissance une dette publique de 18.700 euros mais il hérite au contraire d’un actif net de 11.000 euros», corrige Mathieu Plane. Enfin, il ne faut pas oublier que 39% de la dette est détenue par des résidents, selon l’Agence France Trésor. Autrement dit, ce qui est au passif de l’Etat est en partie à l’actif des ménages.

"Les mots ne payent pas les dettes". William Shakespeare

 

Source:
http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/ce-qu-on-ne-vous-dit-jamais-sur-la-dette-de-la-france_151760.html?xtor=EPR-77

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Publié dans MERDE IN FRANCE

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R
pour bien comprendre la dette ,voir " Money as debt " sur google video (version sous titrée en fr)
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J
Intéressant. Cependant, à la décharge des politiques en faveur de la réduction de la dette, la marge de manoeuvre d'un gouvernement - quel qu'il soit - est réduite du montant des intérêts de la dette (i.e. le service de la dette) à verser annuellement. Lesquels sont d'autant plus importants que le montant de la dette atteint 1 200 000 Milliards d'euros (? Le chiffre me paraît incorrect dans l'article, il s'agirait plutot de 1200 milliards).Le service de la dette de l'État est en 2005 le deuxième poste budgétaire de l'État français, après celui de l'Éducation nationale et avant celui de la Défense : env. 50 milliards d'intérêt à verser. C'est beaucoup.Enfin, il n’est pas forcément pertinent de comparer la dette publique, qui est<br /> financière, avec des actifs non financiers : il faut payer des intérêts<br /> sur la dette publique et rembourser les emprunts lorsqu’ils arrivent à<br /> échéance, alors que les actifs non financiers ne sont pas forcément<br /> rentables, et ne peuvent pas être vendus facilement<br /> (infrastructures,…). Parfois, ces actifs génèrent un coût (entretien,…).
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F
<br /> Merci pour ces précisions qui nous aurons avant tout apris qu'en économie tout est vrai d'un certain point de vue jusqu'a ce que les fait disetn le contraire.<br /> <br /> <br />