63 milliards pour les banques anglaises, pas un pour les crêve la faim
Le prix du riz à flambé de 52% en deux mois, celui des céréales de 84% en quatre mois, et le prix du fret explose avec celui du pétrole. Combiné à de multiple hausses de produits un peu moins répandus mais non moins nécessaires, cette inflation mondiale va précipiter 2 milliards de personnes sous le seuil de pauvreté. En occident, les ménages consacrent de 10 à 20% de leur budget à l’alimentation. Dans les pays les plus pauvres cette part varie entre 60 et 90 %. Avant la flambée des prix déjà, un enfant de moins de 10 ans mourait toutes les 5 secondes et 854 millions de personnes étaient gravement sous-alimentées.
Ca laisse un aperçu lugubre de l’ampleur du désastre qui attend les plus vulnérables. Une sorte de canicule 2003 à l’échelle mondiale avec des miséreux dans le rôle des petits vieux.
Malgré les cris d’orfraies des observateurs, l’indifférence a déjà gagné, on comptera les dizaines de millions de morts à la fin de l’année, la récession économique mondiale et la crise financière - dont le pire est également encore à venir - monopoliseront trop l'attention de nos petite égos pour que l'ont en prète à ces populations improductives.
Nous espérons nous tromper mais le chiffres sont têtus :
Le PAM (Programme Alimentaire Mondial) a encore révisé ses besoins à la hausse samedi, réclamant 756 millions de dollars supplémentaires pour 2008 pour un budget total de 3,65 milliards de dollars.
La Banque mondiale vient de débloquer 10 millions de dollars pour calmer pour 3-4 semaines les émeutes de la faim en Haiti.
L’administration Bush à débloqué 200 million de dollars.
La France à hypocritement annoncé le doublement de l’aide extérieure de 30 à 60 millions d’euros alors qu’elle avait été divisée par 2 ces dernières années.
Du coté du FMI, Dominique Strauss Kahn a joué son rôle d’alerte de l’opinion mais n’a proposé à ce jour aucune solution.
Pendant ce temps, le gouvernement britannique vient de débloquer l’équivalent de 63 milliards d’euros pour renflouer les pertes de ses banques et sauver son secteur financier, le plus important d’Europe, tout cela aux frais du contribuable britannique s’il vous plait. Et ne croyez pas qu’il en ira différemment en France, le scandale du Crédit Lyonnais nous a appris à quoi nous en tenir.
63 milliards pour les banques anglaise contre moins d’un petit milliards pour ce qui s’annonce comme une famine sans précédent car elle sera à la fois mondiale et structurelle. Le problème ne va pas pouvoir être réglé à coup d'aides car il nécessite des mutations profondes qui doivent être favorisée par la crise (puisque c'est le rôle des cirses que de faire bouger les choses) et qui s'étendront sur un génération entière sans doute.
Les réactions des pays touchés et leurs effets selon le quotidien suisse Le Temps : Pendant ce temps, écrasés par la flambée des prix et menacés d'instabilité, les Etats tentent de soulager leurs consommateurs en colère. Les recettes sont multiples. En Egypte, où les émeutes de la faim ont fait une dizaine de morts, des magasins étatiques vendent des galettes à des prix subventionnés dans les quartiers populaires. Le pouvoir a également mobilisé les boulangeries de l'armée pour fournir du pain à bas prix. La Côte d'Ivoire a réduit la taxe à valeur ajoutée sur les vivres. L'Indonésie a aboli toutes les restrictions à l'importation de soja. Djakarta, la capitale, avait connu les plus grandes manifestations depuis plusieurs années. Au Cameroun où 24 personnes ont été tuées, le gouvernement a décidé de subventionner le riz. Aux Philippines et en Thaïlande, les forces armées ont été mobilisées pour surveiller les rizières et les stocks. Manille vient de voter une nouvelle loi qui punit le marché noir de prison à vie. Le Pakistan veut réintroduire une carte de rationnement pour le blé subventionné. A Maurice, le pouvoir réfléchit à cibler son aide aux plus démunis.
Selon la Banque mondiale, 48 pays ont introduit des mesures - contrôle de prix, rationnement, abolition ou réduction des droits de douane à l'importation, restriction à l'exportation et subvention des denrées alimentaires - pour assurer l'approvisionnement. Mais ces mesures coûtent cher. Selon la FAO, les factures des importations céréalières des pays les plus pauvres augmenteront de 56% en 2007 -2008, après une hausse de 37% en 2006-2007. Les Etats se trouvent en effet dans l'obligation de sacrifier d'autres dépenses publiques ou encore s'endetter pour pouvoir éviter le pire. A cet effet, Robert Zoellick, président de la Banque mondiale, craint que cette crise ne fasse régresser les pays en développement d'au moins sept ans.