Point sur le boom de l'enseignement des langues régionales

Publié le par Roquettesyntaxe

Alors que le 22 mai 2008, un amendement au premier article de la constitution faisait officiellement rentrer les langues régionales dans le patrimoine de la nation, l’enseignement des principales langues régionales de France connait une croissance sans précédent.

Au sortir d’une longue période de pressions culturelles négatives au cours de laquelle la transmission familiale s’est rompu dans la majorité des familles et les locuteurs ont vieillis, le salut de ces langues passe désormais par l’enseignement : Pendant l'année scolaire 2001-2002, 252 858 élèves bénéficiaient d'un enseignement de langues régionales. Ils sont 404 351 aujourd'hui, soit près de 60 % de hausse malgré des effectifs qui restent modestes et un enseignement plus souvent déconnecté des usages familiaux et sociaux réels.

Cette progression récente des effectifs sur la France provient essentiellement des écoles primaires. Il s’agit le plupart du temps d’enseignements optionnels qui ne permettent pas de rétablir une pratique sociale quotidienne. L’apport de la pratique de ces langues sera plutôt de nature culturelle, affective et distinctive. Cette réapropriation par la jeunesse marquera sans doute une coupure avec la langue parlées par leurs ancètres avec à la clef des évolutions et des apports difficiles à évaluer.

L'usage distinctif, l'affirmation identitaire que permettra cette recrudescence somme toute modeste ne manque d'ailleurs pas de faire hurler les plus jacobins. Il est trop tôt pour dire si ils ont raison ou tort mais ces langues ont quoi qu'il en soit déjà été "tuées" en tant que langues véhiculaires concurrentes du français. Elle ne peuvent que cimenter des initiatives et des énergies que les détracteurs nommeront "communautarisme". Ce qui est certain c'est que faire de ce mouvement à priori nostalgique un phénomène uniforme serait un erreur tant les destins des diférentes langues régionales et des aires culturelles dans lesquelles elles sont implantées divergent.

Parmi ces langues, l’alsacien est celle qui affiche la plus forte progression avec un doublement en cinq ans qui porte le nombre d’élèves à 163 820. C’est aussi la langue qui compte le plus d’élèves dans l’absolu devant l’occitan (80 000), le tahitien (50 000), le corse (34 500), le breton (23 400), le catalan (13 000) et le basque (11 000 élèves). La visibilité médiatique des revendications linguistiques bretonnes, corses ou basques n’obéit donc pas à la loi du nombre. Il faut dire que l’occitan s’étend sur une grande aire géographique et que la pratique de l’alsacien, très proche de l’allemand constitue un atout professionnel évident dans cette région frontalière. Un effet frontière qui profite aussi sans doute au catalan, au francique mosellan ou au flamand occidental parlé du coté de Dunkerque.

Les 77 dialectes et langues régionales resencés en France actuellement ne sont que les rescapés les plus dynamiques d'une impitoyable "sélection naturelle". De nombreuses langues de départements d'outre mer sont confiné dans leur isolement et des groupes linguistiques comme le franco-provençal dont fait partie le savoyard souffre de leur fragmentation et de leur dispersion géographique au sein de plusieurs états-nation.

Au niveau de « l’intensité » de l’enseignement, les écoles Diwan bretonnes se distinguent avec un projet d’immersion totale. Certaines écoles publiques peuvent opter pour la parité horaire entre français et langue régionale. 40 000 élèves sont concernés par ce dispositif dont 11 000 pour le breton et 6000 pour l’occitan. La Corse fait exception puisque la loi stipule que l'enseignement doit être proposé partout. Un avantage qui doit faire des envieux et dont il ne serait pas de très bon goût de supposer qu’il doit beaucoup à l’activité terroriste éruptive de l’île de beauté.

Il est à noter que malgré ses effectifs « pléthoriques » et un réseau structuré d’école (les ABCM), l’alsacien n’est quasiment jamais enseigné à égalité avec le français. Une situation que l’histoire de la région explique aisément. En France, l’allemand à traumatisé les générations d’après guerre d’où une méfiance accrue vis-à-vis de l’alsacien qui y ressemble beaucoup. Les alsaciens eux-mêmes ne vivent pas de la même façon leur rapport à la langue dominante : Le nationalisme français y est très fort et il a été autrefois difficile d'assumer jusqu'au bout une langue assimilé par d'autre à celle de l'oppresseur nazi. Quand les mouvement régionalistes des années 70 secouaient les landernaus bretons ou occitans, les générations de l’après guerre qui parlaient toute alsacien s’interdisaient de l’apprendre à leurs enfants même si au-delà de la langue, la transmission d’une culture à subsisté, encouragée par la prospérité économique, la proximité des pays de langue germanique et l’isolement par rapport aux région les plus dynamiques et peuplées du reste de la France.

C'est sans doute dans cette direction, celle d'une affirmation purement culturelle et d'un apport compétitif purement économique, que les langues régionales auront le plus à apporter dans une France qui traine son centralisme républicain comme un boulet.

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Publié dans HISTOIRE

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C
Vu de l'intérieur (et attention, il ne s'agit ni de l'intérieur "géographique" ni de l'intérieur "anatomatique" mais bien de l'intérieur "professionnel", et le simple fait d'écrire ce mot me fait sourire...) cette histoire d'enseignement des langues régionales et tout particulièrement de l'Alsacien me fait doucement rire.En effet, outre le fait que l'Alsacien est une langue morte pour la plupart des pré-ados/ados/post-ados, il est à noter que dans un sursaut "pangermaniste", quelques têtes pensantes de l'E.N. (Education Niaise ?) ont songé à rendre obligatoire l'heure hebdomadaire de LCR pour les élèves des classes bilingues et c'est là que commence la tragicomédie...Suivez bien la démonstration, cela va cabrer de la proue et racler dans le fond du bateau...1. En section bilingue ALLEMANDE, les charmantes petites têtes blondes (et jamais cette expression ne pourra prendre plus de sens...) suivent des cours d'allemand renforcés (qui a dit alourdis ?) ainsi que des DNL (disciplines non-linguistiques), à savoir des cours d'Histoire, de Maths, de Physique, de SVT voir de sport (très sérieusement !!!) en allemand. But de la manoeuvre ? 2. Entrenir le parler "germain" chez les jeunes générations. Mais quel "parler germain" ? Dialecte ? Langue allemande ?3. Le dialecte étant devenu un idiome savant dont seule une minorité d'érudits locaux maîtrise (?) les règles et l'usage, il s'agit bien de rétablir l'Allemand comme véritable langue "régionale".4. S'agit-il d'ouvrir l'Alsace vers l'Est dans une logique européenne ? S'agit-il d'incorporer l'Alsace dans un monde germanique dans une logique pangermaniste ? Haha ?5. Quand on songe que ce sont essentiellement des professeurs d'Allemand souvent non-dialectophones qui assureront en Allemand ce service pédagogique, comment voulez-vous que les gardiens du temple dialectal puissent conserver un quelconque crédit ?6. L'idée même du clivage jeunesse haut-rhinoise francophone/cheunesse bas-rhinoise dialectophone a vécu ! Le combat pour le maintien du dialecte à l'école est un combat d'arrière-garde ! Le seul dialecte encore vivant est celui des fonds de vallée et des recoins isolés ! Le seul dialecte encore vivant est celui d'une poignée de vieillards en sursis qui ne truffent pas leurs phrases de mots français mais ne parlent que l'Alsacien le plus pur et souvent le plus opaque !7. Quelle volonté politique s'agite derrière ce pseudo-voile du bilinguisme en Alsace ? Quel bilinguisme justement est défendu par certains ? Là n'est pas la question...8. Qu'est-ce qu'on s'en tape de ces âneries !!! Il y a tellement plus intéressant à faire que de lire un commentaire en 8 points qui s'achève par un royal FAITES PAS CH... AVEC VOS CONNERIES REGIONALISTES QUI FLEURENT BON L'ETABLE !!!
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R
<br /> Merci cher maitre pour ce coup de gueule salutaire. Vous revenez quand vous voulez...<br /> <br /> <br />
V
Notre jeunesse n'identifie plus l'allemand comme la langue du Nazi. De plus l'Alsacien est une langue germanique. Je tiens à dire que la valorisation de l'Alsacien est très pauvre par rapport à la bretagne pour la bonne et simple raison que le personnel politique qui a entre 30 et 60 ans est entièrement dialectophone, ils vivent pas la désertification rapide que subit notre génération, j'ai 19 ans. Dans ma génération pour ceux qui choisissent l'option langue régionale, il s'agit d'une heure par semaine et que les cours sont dispensé dans certain cas en français. On est encore loin du boom que la bretagne est en train de vivre.Je vous invite à lire ceci, il s'agit d'un article de mon blog.<br /> Langues régionales : Un Sénat « HAS BEEN »<br />  <br />  <br /> Il y a une trentaine d’année, un alsacien et un badois, un français et un allemand en l’occurrence, communiquait dans leur dialecte qu’est l’alémanique. Aujourd’hui pour communiquer avec leurs voisins allemands les jeunes de ma génération, j’ai 19 ans, ils utilisent majoritairement l’anglais. A l’heure où nous construisons l’Europe l’anglais domine. Au début des années 1990 on a inscrit le français dans la Constitution, et non pas dès son origine comme on laisse à le croire. Cela fut fait pour lutter contre l’anglicisation de langue française. Inscrire le français comme langue de la république rend inconstitutionnel les langues régionales. De fait le préfet peut faire annuler n’importe quel acte qui encourage les langues régionales. Si vous suivez ma réflexion, du fait de la lutte contre les langues régionales jusque dans les années 80, celles-ci tendent à disparaître, et obligent les basques où les niçois à s’exprimer en anglais avec leurs voisins. Le fait de ne pas reconnaître les langues régionales (alémanique par exemple) qui constituent un lien entre les nations européennes, on anglicise la France. <br />  <br /> Voilà en fait l’explication de mon titre, le Sénat est « has been », il est passéiste. J’utilise un mot anglais pour montrer comment le français s’anglicise. Le Sénat en refusant l’amendement sur les langues régionales vient de montrer le côté réactionnaire du Sénat qui a un siècle de retard, il en est de même pour l’Académie française. Est-ce que la jeunesse de notre pays doit vivre dans ce passéisme ? On veut sauver la francophonie par l’intolérance linguistique. Notre jeunesse parle plusieurs langues, celle de notre nation, celle de notre voisin, celle du « business » commerce, pourquoi ne pas aussi pouvoir promouvoir les langues régionales ? De par cette intolérance le Sénat se tire une balle dans le pied ! <br />  <br /> Le pays des droits de l’Homme serait-il le pays de l’intolérance linguistique ? La commission mixte paritaire qui doit se réunir du fait d’un point de vu différent entre les assemblées à la question entre ses mains. Le débat est même un faux-débat puisqu’il ne s’agit pas de supprimer le français et de mettre l’administration dans les langues régionales, il s’agit de permettre de les sauver et de les promouvoir !<br />  
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M
<br /> Merci de mettre le doigt sur une imprécision dans mon texte. L'assimilation de l'allemand à la angue des Nazi dans les imaginaires n'est plus une réalité en Alsace et j'aurais du préciser que c'est<br /> des français "de l'intérieur" dont je voulais parler (NDLR : pour ceux qui auraient du mal à suivre, les français de l'intérieur pour les alsacien c'est tous les francais qui sont à l'ouest des<br /> Vosges). Pour le reste, il me semble que nous disons grosso modo la même chose. A ceci prèt que si on va dans le détail, il y a un gros décalage temporel entre le haut rhin d'ou je suis originaire<br /> et ou l'alsacien a été "abandonné" depuis bien longtemps par les "cheunes" et le bas rhin où les pratique est restée bien plus ancrée et ne semble décroitre que maintenant.<br /> <br /> <br />